Archive for mai, 2010


Petite chronologie sur la répression contre l’UPC au Cameroun par l’armée coloniale française. Durant 50 ans, on caché aux jeunes français ces pages noires de la politique coloniale du pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Il n’y a pas que « l’aspect positif » de la colonisation, il y a surtout des peuples qui restent encore meurtrie par la misère; il n’y a pas que l’Algérie, il y a aussi… Le Cameroun

24 septembre 1945 : Les colons tirent sur les grévistes 3 septembre 1958 : Ruben Um Nyobé, dirigeant de l’UPC, est abattu 15 octobre 1960 : Assassinat de Félix Moumié, chef de l’UPC 1er février 1962 : Asphyxiés dans un wagon 10 mars 1966 : Ossendé Afana est tué par les forces de répression franco-camerounaises 15 janvier 1971 : Exécution publique de Ernest Ouandié, leader de l’UPC

24 septembre 1945: Les colons tirent sur les grévistes (Cameroun) L’USCC (Union des Syndicats Confédérés du Cameroun), syndicat créé sous l’impulsion du Français Gaston Donnat et soutenu par la CGT, ayant organisé une grève à Douala, « le colonat et le patronat blancs, exaspérés jusqu’au paroxysme, s’agitent ». Après le saccage de quelques édifices par de jeunes désoeuvrés africains, vraisemblablement manipulés par le colonat, les Blancs s’emparent d’un dépôt d’armes et organisent une chasse punitive contre les syndicalistes. L’estimation officielle est de 80 morts. Un syndicaliste blanc, Lalaurie, agressé, tue « un des membres les plus exaltés du colonat blanc ». Le gouverneur Nicolas est de fait prisonnier des colons. Commentaires : L’analogie avec les événements de Sétif est frappante.

Sources : Yves Benot, Massacres coloniaux, La Découverte, 1994, p. 78-79; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, n° 316 (Extrait de Main basse sur le Cameroun Maspero, saisi); François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock,1998.

3 septembre 1958: Ruben Um Nyobé, dirigeant de l’UPC, est abattu (Cameroun) Syndicaliste, formé par la CGT française, Ruben Um Nyobé forme le 10 avril 1948, l’UPC, Union des Populations Camerounaises, section camerounaise du RDA, combattue au Nord par des notables attachés aux structures coloniales et dans la région de Yaoundé par l’Église catholique qui recrute au Sud en pays Bassa et Bamiléké, régions les plus scolarisés. L’UPC qui se déclare « communiste » ne suit pas la politique de collaboration avec le colonisateur préconisée par le RDA de Houphouet Boigny. En 1953, l’UPC constate l’inanité de la lutte sur le plan légal et Um Nyobé prend le maquis. Des émeutes, suivies de répression, éclatent en 1955. L’UPC est interdite le 13 juillet 1955. Les élections camerounaises sont fixées au 23 décembre 1956 de telle façon que l’UPC ne puisse s’y présenter. Le 9 décembre 1957, André-Marie Mbida, premier ministre98, appelle les troupes françaises pour « rétablir l’ordre » dans la Sanaga maritime (pays Bassa). La « campagne de pacification » va durer onze mois. Le 3 septembre 1958, Ruben Um Nyobé est tué près de son village natal de Boumnyebel. L’ordre de le liquider aurait, selon Pierre Péan, été donné par Maurice Delauney qui laisse à son départ en décembre 1958 « une situation détendue ». Le 19 février 1958, Ahmadou Ahidjo devient Premier ministre à la place de Mbida. Le 19 octobre 1958, le haut-commissaire Xavier Torre annonce à la radio que la France est prête à accorder l’indépendance au Cameroun. Elle sera effective le 1er janvier 1960, mais ne mettra pas un terme à la répression de l’UPC par les troupes françaises. En 1959, les troubles reprennent en pays bamiléké. De février à octobre 1960 une « campagne de pacification » est faite par l’armée française.

Sources : Yves Benot, Massacres coloniaux, La Découverte, 1994; Marianne Cornevin, Histoire de l’Afrique contemporaine, Payot, 1978; François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock, page 98; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, numéro 316 (Extrait de Main basse sur le Cameroun Maspero, saisi); Georges Chaffard, Les carnets secrets de la décolonisation II, page 347; Pierre Péan, l’Homme de l’ombre, Fayard, 1990, p. 283-284.

15 octobre 1960: Assassinat de Félix Moumié, chef de l’UPC (Cameroun) Félix Moumié succède à Ruben Um Nyobé à la tête de l’UPC (Union des Populations Camerounaises) qui lutte contre le régime néocolonial d’Ahmadou Ahidjo mis en place par Jacques Foccart. Il est empoisonné au thalium par un agent français du SDECE, se faisant passer pour journaliste, William Bechtel, à qui il a eu la naïveté d’accorder un rendez-vous dans un restaurant de Genève, la veille de son départ pour l’Afrique. Poursuivi tardivement par la Suisse, Bechtel sera arrêté à Bruxelles en 1975, extradé et acquitté en 1980, à la suite des pressions que l’on devine. Implication de la France : D’après Pierre Péan, Jacques Foccart aurait dit à propos de ce meurtre en 1995: « Je ne crois pas que cela ait été une erreur ». Sources : Pierre Péan, L’homme de l’ombre, Fayard, 1990, page 286-287; François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock, page 104; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, numéro 316 (Extrait de Main basse sur le Cameroun Maspero, saisi); Emission « Monsieur X » sur France Inter.

1er février 1962: Asphyxiés dans un wagon entre Douala et Yaoundé (Cameroun) Pour réduire la révolte de l’UPC, mouvement indépendantiste camerounais, Jacques Foccart, artisan de la politique africaine du général De Gaulle, crée le SDECE Afrique dont il confie la direction à Maurice Robert. La filiale camerounaise, le SEDOC, est dirigé par Jean Fochivé . Côté police, un redoutable professionnel français, Georges Conan démontre ses talents. Enfin, pour « casser » la rébellion bamiléké, Foccart envoie, à la demande du gouvernement camerounais, un corps expéditionnaire français sous la direction du général Max Briand, qui a commandé durant deux ans en Indochine le 22ème RIC « les casseurs de Viets ». Pour « éradiquer » l’UPC, Briand applique les méthodes utilisées en Indochine et Algérie : camps de regroupement, politiques de la terre brûlée, bombardements au napalm, destruction des villages. En gare de Douala, un groupe de cinquante deux détenus, hommes, femmes et enfants est embarqué tôt le matin, le 1er février 1962, dans un wagon métallique dont la porte est verrouillée. Quand le train arrive à Yaoundé au début de la soirée, l’asphyxie a fait son oeuvre: le gendarme qui ouvre le wagon découvre vingt-cinq cadavres. Des officiers français admettront par la suite avoir frappé trop fort.

Sources : Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Les Temps Modernes, novembre 1972, n°316; Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun, édition des peuples noirs, page 70; François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock, page 101-102.

10 mars 1966: Ossendé Afana, dirigeant de l’UPC, est tué par les forces de répression franco-camerounaises (Cameroun) Ossendé Afana, jeune dirigeant upéciste – l’UPC, Union des Populations Camerounaises, lutte contre le régime néocolonial de Ahidjo mis en place par Jacques Foccart -, docteur en économie, qui venait d’ouvrir un front de guérilla dans l’extrême Sud du Cameroun, est tué dans des circonstances jamais éclaircies. On retrouve son corps horriblement mutilé: la tête a été sectionnée au ras du tronc. Mongo Beti dit qu’il « fut bel et bien exécuté plusieurs jours après sa capture. »

Sources : François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock, page 106; Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, numéro 316; Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun, éditions des peuples noirs, pages 70, 149, 154-155.

15 janvier 1971: Exécution publique de Ernest Ouandié, leader de l’UPC (Cameroun) Au Cameroun, les combats, et les massacres de villageois par les troupes franco-camerounaises, dans le cadre de la répression de l’UPC, mouvement politique qui s’oppose au régime néo-colonial, durent jusqu’en 1963. Ernest Ouandié conserve un noyau de maquisards jusqu’en août 1970. Il est arrêté le 21 août 1970 lors d’un déplacement organisé par Mgr Albert Ndongmo, évêque de Nkongsamba. Il sera jugé avec d’autres compagnons et l’évêque, pour complot visant à assassiner Ahmadou Ahidjo, le chef de l’État, lors d’une parodie de procès devant le Tribunal Permanent Militaire à Yaoundé. Son avocat, Me de Felice, se voit refuser l’entrée au Cameroun. Ouandié sera fusillé sur la place de Baffousam avec deux autres de ses camarades le 15 janvier. Implication de la France : Ahidjo est une créature de la France. Jacques Foccart tire les ficelles. L’État français montre à quel point il se sent concerné par cette affaire : dès sa parution chez Maspero, le livre de Mongo Beti Main Basse sur le Cameroun est interdit. L’auteur y exprime son indignation face à l’inertie de l’opinion française qui, hormis les journaux l’Humanité et la Croix (à cause de l’inculpation de l’évêque) ne s’émeut pas, alors qu’une vaste campagne vient d’être menée en faveur des accusés du procès de Burgos.

Sources : Mongo Beti, Le Cameroun d’Ahidjo, Temps Modernes, novembre 1972, n° 316; Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun, Édition des peuples noirs; François Xavier Verschave, La Françafrique – Le plus long scandale de la République, Stock, page 105-106; Marianne Cornevin, Histoire de l’Afrique contemporaine, Payot, 1978.

On est encore à plusieurs mois de la campagne pour l’élection du président de la république au Cameroun. celle-ci n’est prévu en effet qu’en octobre 2011. Mais nombre de camerounais sont inquiets de leur avenir et appellent vivement de leur vœux l’avènement d’un changement, d’une alternance surtout; parce qu’en ce moment, le RDPC, parti au pouvoir multiplie les appels à la candidature de monsieur Biya, chefs de l’état au pouvoir depuis 28 ans. Un camerounais a imaginé cette supplique qui consiste à dire à monsieur de se retirer non pas pour le bien de son peuple (seulement) mais,… pour son propre bien.
Lisons plutôt

Campagne «SAUVONS LE PERE BIYA»Palais d'étoudi

Au moment même où elles célèbrent la Fête du Travail, les personnes encore en activité pensent déjà au temps du Repos qui viendra inéluctablement. Celles qui, par-delà les risques et les accidents, ont longtemps travaillé, attendent l’heure de la retraite comme une terre promise. Voilà pourquoi aimer un vieux grand travailleur, c’est avant tout respecter son droit au repos.

De bonne grâce, sauvons le Président de la République, en l’aidant à se décharger du poids de la Magistrature Suprême. Accompagnons le Président camerounais jusqu’à la fin de son règne en octobre 2011. Sauvons Monsieur Biya afin qu’il se repose enfin dans notre cher et beau Cameroun.

Beaucoup de compatriotes enracinés dans leur culture témoignent leur déférence au Président de la République, entre autres personnes âgées, par le renforcement de son nom de famille. Par exemple, nous l’appelons « le père BIYA », question de lui décerner un titre plein de respect pour le géniteur de plus d’un enfant du Cameroun d’une part, pour le citoyen ayant une expérience exceptionnelle des affaires étatiques d’autre part. Pourquoi ne pas remercier l’homme d’Etat qui a consacré au moins 27 de ses 77 ans aux devoirs de ses charges ? Naturellement, nous avons la même obligation de diminuer les charges de chaque père que nous honorons, sachant qu’aucun sexagénaire ne dispose plus de la jouissance pleine et entière de toutes ses capacités physiques et mentales, comme il se dégage de cette sagesse de chez nous : « Que celui qui a vieilli dépêche l’enfant à sa place ». Il convient de préciser que, par opposition au père vieillissant, le jeune qui conserve la plénitude de ses aptitudes est appelé à prendre honorablement la relève.

Mais, quel n’est pas l’étonnement de tout Camerounais fier de ses racines culturelles! Depuis quelques années, au mépris de l’âge du père BIYA, au mépris du poids des charges d’un Chef d’Etat, au mépris des services rendus à ses partisans par le Président BIYA, des collaborateurs de Monsieur BIYA qui lui sont tellement redevables estiment qu’il n’y a que lui pour diriger le Cameroun et ce même au-delà de l’an 2011. En voilà des « enfants » qui ne sont pas de taille et qui sont décidés à forcer Monsieur BIYA à rester au pouvoir, alors qu’ils savent très bien que cela revient, dans le système présidentialiste (où l’ensemble des pouvoirs est concentré dans les mains du Président de la République seul), à consumer davantage celui-ci par l’usure. Quelle meurtrière idée, de soumettre astucieusement un septuagénaire qui entrevoit déjà son 80e anniversaire au fardeau de la fonction présidentielle ! Qui n’a pas constaté, pour le déplorer avec nous, que Monsieur Biya est encore appelé, à grand renfort de motions de soutien les unes plus hypocrites que les autres , à se porter candidat à l’élection présidentielle prévue en 2011, par des flatteurs et parfois des ingrats qui lui souhaitent intérieurement une fin semblable à celle du Roi Christophe, le héros d’une tragédie politique d’Aimé Césaire ? Il est à craindre que le Président de la République du Cameroun en fonction soit pris en otage par des prébendiers qui veulent l’amener à faire des déclarations irréparables. Déjà en 1990, des militants autrement zélés du RDPC avaient organisé des marches contre le multipartisme. En vain car M. Biya avait alors choisi le camp du peuple. Cette fois– ci, nous pouvons prédire que si le Président Paul BIYA venait à succomber aux flagorneries, ce serait une candidature de trop.

Compte tenu de tous les loyaux services rendus au peuple camerounais depuis près de trente ans par le Président Paul BIYA, nous aimerions citer à son intention Julius NYERERE de la Tanzanie, Sam NUJOMA de la Namibie et Nelson MANDELA de l’Afrique du Sud qui ont su passer le témoin pour jouir chacun d’une retraite paisible au bercail. Finalement, personne ne sera plus heureux ou admiré que le père BIYA dans son éventuelle posture d’ancien Président de la République du Cameroun. De bonne grâce, sauvons le Président de la République, en l’aidant à se décharger du poids de la Magistrature Suprême. Accompagnons le Président camerounais jusqu’à la fin de son règne en octobre 2011. Sauvons Monsieur Biya afin qu’il se repose enfin dans notre cher et beau Cameroun. Ca suffit !!

La Dynamique Orange, qui assurera la gestion du Cameroun dès Novembre 2011, est fondée sur la Réconciliation Nationale et le respect des parents, à charge pour ces derniers de savoir quitter les affaires à temps pour leur propre bien.

Fait à Bafoussam, le 24 mars 2010
Pour la Dynamique Orange, et pour le Comité Stratégique N°2
TIGOUFAK (Léon Charles)
Professeur à la retraite